













Biographie d’un génie, explication de ses œuvres et de leur influence sur l’histoire de la musique, une somme à découvrir !





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Auteurs : Christopher Dobson et Jacques Lapeyre
ISBN : 978-2205-05676-1
Couverture cartonnée
136 pages - Format : 23 cm x 29 cm
Pour des générations d’Occidentaux, Gandhi a été, et continue à être, une icône. En plaçant toute son action politique sous le signe de la non-violence, le Mahatma (la « grande âme ») a montré que la loi du plus faible pouvait devenir celle du plus fort. Sans armes, sans violence et sans haine. Derrière cette légende se cachait un homme. Qui fut vraiment Gandhi ?
Gandhi, inventeur du concept de non-violence ? Certes pas. C’est dans les plus anciens textes sacrés, ceux du bouddhisme mais aussi ceux du christianisme, que Gandhi a puisé son inspiration. Des textes qu’il a paradoxalement découverts à Londres, au cœur de la puissance colonisatrice, en un temps où il apprenait aux enfants le « God Save the Queen » !
Gandhi, fils du peuple ? Oui, si l’on considère qu’il faisait corps avec tout son peuple. Non, si l’on parle de ses origines sociales. Longtemps tiraillé entre son souci de justice sociale et son attirance pour le mode de vie de la bourgeoisie occidentale, Gandhi fit le choix du don de soi. Il en paya un prix élevé, décompté en années de prison.
Ce n’est pas en Inde mais en Afrique du Sud, où il est envoyé plaider un différend commercial, qu’il découvre la discrimination raciale. L’avocat se fait alors porte-parole des opprimés, jusqu’à obtenir sa première victoire au Transvaal : l’abrogation d’une large part des lois raciales en vigueur.
Entre l’Empire britannique et Gandhi, le divorce est tout sauf brutal. Durant la guerre des Boers, il appelle à soutenir les Anglais. Il récidive durant la Première Guerre mondiale. Ce n’est que lors du second conflit mondial qu’il considérera que l’Inde doit d’abord retrouver sa souveraineté avant de pouvoir s’engager auprès des Alliés.
Ses modes d’action sont connus : le jeûne et les manifestations de masse, à condition qu’elles ne dégénèrent pas. La non-violence, conçue comme un principe de vie et de respect de toute vie humaine, ne souffre pas d’exception. Des policiers sont-ils lynchés par la foule qu’il décide de mettre fin à son action. Une décision sur laquelle il reviendra.
La « marche du sel », en 1930, est son action la plus célèbre. A juste titre : tous les ingrédients de sa vision du monde y sont réunis. L’appel à la désobéissance civile et pacifique bien sûr, mais aussi l’impossibilité de dissocier la lutte contre les discriminations sociales de celle pour l’indépendance nationale.
Prophète et prédicateur, Gandhi est aussi négociateur. Par nécessité politique : le rapport de forces qu’il a instauré exige le dialogue avec l’adversaire. Sa constante volonté de convaincre lui fut longtemps reprochée. L’appel qu’il lance en 1942 aux Britanniques : « Quit India ! » (« Quittez l’Inde ! ») imposait pourtant que les discussions ne soient pas rompues. Lorsqu’on veut à tout prix épargner le sang, il n’est pas d’autre voie possible.
Gandhi ne connut pas que des succès : attaché à l’unité de l’Inde, il échoua à la maintenir. Sa force de conviction ne fut d’aucun effet sur le colonisateur. A la proclamation de l’indépendance de l’Inde, en 1947, Gandhi ne se joignit pas aux festivités. Car son pays venait d’être amputé de toute sa partie occidentale, devenue elle aussi indépendante sous le nom de Pakistan. Une partition hasardeuse qui, plus d’un demi siècle plus tard, est toujours une source de conflits religieux et territoriaux.
Une demie douzaine de fois, Gandhi échappa de justesse à des attentats. Celui perpétré le 30 janvier 1948 lui fut fatal. Ses derniers mots : « Haj Ram » (« Salut Dieu »).
Le monde idéal de Gandhi n’existe toujours pas. Ni en Inde, ni ailleurs. Les relations entre hindous et musulmans, qu’il voulait apaisées, se sont même dégradées. Et si l’Inde souveraine s’est éveillée économiquement, la richesse nouvelle du pays n’est pas partagée. Mais rien n’est perdu tant que son message de paix et de fraternité demeure. Intemporel, il est aussi universel.